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Cathédrale Saint Louis de Versailles

Jean II RESTOUT - L’Adoration des Bergers

1761, Huile sur toile, 570 x 300 cm


Cette œuvre, commandée à l’artiste par la Fabrique de l’église Saint Louis de Versailles, a été exécutée en 1761. Ce grand format s’inscrit dans la campagne de commandes de peintures d’histoire religieuse mise en place à partir de 1735. Le fort clair-obscur du tableau permet l’éclat d’autant plus important de l’Enfant rayonnant de lumière dans sa mangeoire, entouré de ses parents et des bergers. Cette oeuvre est relativement caractéristique du peintre qui réalise de nombreux grands formats religieux.

Vraisemblablement la toile n’a pas été changée de lieu de conservation depuis son accrochage en 1761.

La toile fut complètement retirée de son support original lors d’une transposition antérieure. Une transposition est généralement motivée par l’altération récurrente de l’adhésion de la couche picturale sur le support, ce qui semble être le cas sur cette œuvre de Jean II Restout.

On ne relève pas de dessin sous-jacent en lumière visible dans les parties basses de l’œuvre – les seules parties accessibles lors de la visite des équipes à la Cathédrale Saint Louis. Il sera donc intéressant de compléter cette recherche lors de la restauration et également de réaliser une réflectographie infrarouge permettant l’identification d’un tracé préparatoire ou le report d’un carton. Les repentirs pourront également être mis en évidence.

Jean II Restout a utilisé une technique exécutive à l’huile caractéristique de ses grands formats religieux. Les fonds sont brossés avec une certaine rapidité et fluidité, laissant ponctuellement transparaître la préparation ou les couches sous-jacentes. Les vêtements et les visages sont effectués en demi-pâte avec des empâtements ponctuels sur les rehauts de lumière. Les coups de brosses juxtaposés témoignent de la rapidité d’exécution et la facilité de l’artiste dans la réalisation. Il semblerait que la palette de couleurs soit caractéristique de l’époque et du peintre : diversifiée, riche et équilibrée entre les zones d’ombres et de lumières.

Le cadre en bois est mouluré et sculpté, cintré en partie haute et est en bon état de conservation. L’ornementation est constituée de plusieurs niveaux : des feuilles d’eau en feuillure, suivies d’une gorge, d’un ruban torsadé sur tige, un tore de feuilles de chêne avec des feuilles d’acanthe aux angles, encadrés par un large listel plat. La dorure est à la feuille d’or. La gorge et le listel sont dorés à la détrempe et brunis. Le reste du cadre est doré à la mixtion à l’huile, d’aspect mat. Les chants ne sont pas dorés mais présentent une couche de jaune.

Un encrassement certain recouvre l’ensemble de la surface et confère à l’œuvre un aspect grisâtre et déséquilibré. La couche picturale est parcourue par divers réseaux de craquelures.

De nombreuses couches de vernis et de repeints recouvrent la surface. Elles sont inégales et présentent différents niveaux d’oxydation en fonction des zones. L’oxydation des résines confère à l’œuvre un aspect jaunâtre et assombri.

Une restauration fondamentale, tant sur le support que la couche picturale, semble nécessaire. Les objectifs de celles-ci sont :

  • L’étude de sa matérialité et de son histoire afin de mieux comprendre la technique exécutive et les processus de dégradation
  • La reprise généralisée de l’adhésion – cohésion de l’œuvre afin d’arrêter l’altération évolutive
  • La restauration de la transposition afin d’offrir à l’œuvre un support satisfaisant et pérenne pour sa bonne conservation
  • Le nettoyage des matériaux non originaux qui empêchent la lisibilité de l’œuvre
  • Une présentation esthétique au service de la lisibilité de l’image

Le décrochage du tableau a été effectué et sa restauration a commencé. Avant son décrochage, un papier Japon avait été disposé sur la toile pour sa protection.


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