Traductions en cours

Paris, Musée du Louvre

Atelier de Léonard de Vinci - Saint Jean-Baptiste – Bacchus

entre 1508 et 1517, Huile transposée sur toile, 176 cm x 114,5 cm

« Cas d’école de restauration recouvrant les problématiques de changements de composition, d’attributions, de transposition de support, et de multiples  campagnes de restaurations  dans l’espoir  d’une meilleure compréhension et lisibilité de l’œuvre. »

Bacchus dans un paysage est actuellement en cours de restauration par Cinzia Pasquali et Roberto Bellucci dans les ateliers du C2rmf du Pavillon de Flore du musée du Louvre. Elle succède à la Sainte AnneLa Belle Ferronnière, et plus récemment, le Saint Jean Baptiste, dans la continuité des interventions de restauration sur le corpus d’œuvre de Léonard de Vinci initiées par le département des peintures du musée du Louvre.

La particularité de Bacchus dans un paysage réside dans la modification de l’iconographie initiale Saint Jean Baptiste dans le désert en Bacchus entre 1695 et 1702. Une seconde main transforme alors la composition en incorporant des attributs stylistiques du Dieu : le désert laisse place à un paysage, le crucifère devient thyrse, la grappe de raisin et la feuille de vigne font leur apparition. Tout d’abord considéré de la main de Léonard, l’attribution a depuis été remise en cause. Il est plus probable que l’œuvre émane de l’atelier de Léonard mais cette question sera à l’étude lors de la restauration.

D’un point de vue matériel, cette œuvre présente une problématique similaire à de nombreux tableaux de cette époque, à savoir une mauvaise lisibilité de la peinture et des problèmes de conservation engendrés par une succession d’interventions lourdes. L’œuvre à l’origine peinte sur un panneau  a notamment enduré une double transposition sur toile en 1793 puis en 1823 par F.T. Haquin (restaurateur célèbre en charge de la collection royale puis du musée du Louvre de 1787 à 1832). Elles ont marqué l’ensemble de la stratigraphie originale en provoquant des pertes de matières irréversibles.

Aujourd’hui, si l’adhésion de la couche picturale semble désormais stable, elle présente un grand nombre de lacunes profondes et des zones d’usures en partie provoquées par les nettoyages.

Par conséquent, le Saint Jean-Baptiste en Bacchus  est  recouvert  par une superposition de multiples couches de vernis, de repeints débordants et discordants qui dénaturent l’aspect de la peinture originale, fondée sur la transparence, la finesse et la légèreté.

Le support étant dans un bon état de conservation, l’intervention de Cinzia Pasquali et de Roberto Bellucci se concentrera sur la couche picturale. La problématique principale sera de clarifier, d’identifier et d’éliminer ou d’amincir les différentes campagnes de vernis et de repeints afin d’obtenir une surface homogène. L’opération de nettoyage sera menée par étapes en fonction des découvertes réalisées sur l’œuvre après des tests préalables.

Les interventions sur le support se limiteront à la pose d’un dos protecteur et le renfort de la structure du châssis.

Tout au long de la restauration, des tests et des analyses complémentaires seront par ailleurs réalisés afin de mettre au jour, et à jour, l’histoire matérielle et la technique de Bachhus dans un paysage.

 

Durée des travaux : en cours

Maîtrise d’Ouvrage : Musée du Louvre

Maîtrise d’Œuvre : Département de peintures du musée du Louvre