Traductions en cours

Paris, Musée du Louvre

Jacopo BELLINI - La Vierge d’Humilité adorée par un prince de la Maison d’Este

vers 1440 ?, Tempera et huile sur bois, 60 cm x 40 cm

« Restauration fondamentale d’une œuvre peu documentée d’un primitif italien majeur (XVème siècle), restée plus de 60 ans à l’écart de toute intervention »

 

Cette œuvre sur panneau du XVème siècle est actuellement en cours de restauration dans les ateliers du C2rmf du Pavillon de Flore du Louvre. Elle nous donne l’occasion d’approfondir notre connaissance assez réduite de la technique de ce peintre ayant vécu à un tournant caractéristique de l’évolution des primitifs italiens, et dont il reste peu d’œuvres.

Conservée au Musée du Louvre, La « Vierge à l’Enfant adorée par un prince de la maison d’Este » n’a plus subi d’interventions de restauration depuis au moins 60 ans. Son histoire matérielle complexe est mise en évidence par la campagne d’imagerie scientifique (ultraviolets, infrarouge et rayons X), qui révèle une superposition complexe de matériaux non-originaux d’époques diverses avec des repeints présentant eux-mêmes des altérations : chancis, jaunissement, opacification, noircissement, craquelures… En résulte, malgré la qualité de la couche picturale originale, un aspect esthétique médiocre qui a motivé la volonté d’intervention des conservateurs du musée du Louvre.

Composé d’une planche originale, vraisemblablement de peuplier, le panneau est légèrement déformé, lacunaire et anciennement attaqué par les insectes xylophages. Il est en outre fortement contraint par deux traverses en métal qui engendrent des soulèvements de la face peinte. S’il est difficile de certifier à l’heure actuelle la présence originelle de ces traverses, il est apparu indispensable d’intervenir conjointement sur la couche picturale et le support en le stabilisant.

Après tests sur les différents vernis, un protocole de nettoyage précis a permis l’allègement des vernis et le dégagement des repeints, dont certains datant du 19ème siècle qui pourraient être attribués à G.Molteni (auréole, ciel?). D’autres sont encore à l’état d’investigations, en particulier l’auréole de la Vierge, la dorure des motifs de la robe ainsi que les écoinçons. Suivront les phases de masticage et de réintégration légère adaptée au décor, à la matière et à l’amplitude des lacunes, et ce dans une cohérence générale afin de retrouver les nuances délicates et la matière raffinée de ce maître de la Renaissance, et remettre en valeur la lisibilité et l’équilibre des parties originales.

Durée des travaux : 1 an et demi

Maîtrise d’ouvrage : Musée du Louvre

Maîtrise d’œuvre : Département de peintures du musée du Louvre